Combiner l'allaitement à la maison et la diversification alimentaire à la crèche.
- Angéline MAZIERE
- 29 sept. 2019
- 15 min de lecture
Dernière mise à jour : 29 juil. 2020
Je souhaitais vous partager mon expérience concernant l’allaitement et depuis quelques jours, mon expérience de la diversification alimentaire pour ma fille Adèle qui a 10 mois. J'introduirai également des recommandations officielles de la Leche league France qui m'a souvent accompagnée dans mes prises de décisions.
Il est important de chouchouter les intestins des bébés car leur système immunitaire intestinal est situé à 80% sur notre muqueuse intestinale (plaques de Peyer).
Le mot qui me vient à l'esprit pour décrire la réalité de l’allaitement c'est CONFIANCE. Ayez confiance en vous dans votre capacité à donner, confiance en votre bébé dans ses capacités à recevoir et à profiter de votre lait et de votre tendresse. Et ayez confiance en la relation exceptionnelle que permet l’allaitement. Confiance - Patience - Persévérance...Voici le trio Gagnant ! Je remarque que parler avec dynamisme et entrain de l'allaitement n'est pas toujours bien perçu par les femmes. Certaines même se culpabilisent de ne pas avoir réussi et je trouve cela dommage car chacune fait comme elle peut et doit d'abord s'écouter. Mon intention ne sera pas ici de faire culpabiliser les mamans qui n'ont pas eu la chance de pouvoir allaiter, ou celles qui ont du arrêter brutalement. J’étais convaincue des bienfaits de l'allaitement avant de débuter ma grossesse, pour l'avoir abordé lors de mes cours de Naturopathie. En effet, l'adaptation parfaite du lait à la physiologie nutritive et générale du nouveau-né implique également ces notions :

L'aliment du cerveau
L'immunité
Le développement des mâchoires
La prévention des allergies
La prévention de l'obésité
La prévention des maladies auto-immunes
La prévention du diabète
La prévention des cancers
La maturation sexuelle
La prévention de l'appendicite
D'autres raisons, tout aussi pertinentes, sont moins connues : "La tétée au sein favorise la croissance faciale et la coordination sensori-motrice de l'ensemble du corps, en raison de l'adaptation parfaite des mouvements, et de la sensorialité buccale avec les saveurs variées du lait. "
De mon côté, je ne manquais pas du tout de lait, bien au contraire, mais ma fille refusait de boire au sein durant ses 2/3 premiers mois de vie.
Une cause possible : elle présentait un retard de développement intra uterin, (affichant une biométrie des os longs in utéro au 1er percentile). Sa taille et son poids de naissance étaient pourtant bons : 3,4 kg à la naissance (Fausse alerte encore !). Souhaitant au départ un allaitement exclusif sans lait maternisé, j'ai donc utilisé le tire lait jusqu'à ses 3 mois et j'ai rempli le frigo et le congélateur de nombreux flacons de ce précieux or Blanc. A la maternité les auxiliaires puéricultrices me disaient « c'est foutu, elle a connu le biberon, elle ne tétera donc plus jamais vos seins » . Trouvant donc cette réflexion étonnante, je me suis dit avec ténacité qu'elle prendrait des forces et que je remettais simplement les tétées à plus tard, sans me culpabiliser. Nous avions choisi un bon modèle de biberon pour la transition : La tétine du Medela est bien adaptée.
Je me suis obstinée car j'ai cru en ses capacités et je savais bien que ce précieux breuvage serait bien plus bénéfique pour son immunité si elle avait un contact direct avec mon aréole. Mais j'avais beau faire preuve d’ingéniosité, elle hurlait et tirait fort le bout du sein ce qui me provoquait des douleurs insupportables comme je n'en n'avais jamais rencontré auparavant. Sans rire, à la limite l’accouchement c'était "soft" à côté, (bon ok soyons honnête, une fois la péridurale en route bien sûr !).

Aucune position d'allaitement "miracle" ne marchait. Je pense alors qu'il ne faut pas s’acharner, mais trouver une solution transitoire et persévérer quelques jours ou quelques semaines plus tard.
Contrairement aux recommandations du Chu, je ne la mettais au sein que lorsque je le sentais et en peau à peau si je n’étais pas trop fatiguée. Le reste du temps, elle prenait les biberons contenant mon lait, conservés au frigo. Je me disais que lorsqu'elle serait décidée et qu'elle aurait d’avantage de force, elle commencerait bien à téter cette petite Filou.
Et BINGO LOLO ! Elle s'est mise à té-touiller timidement (ouiii ça fait mal) à ses 1 mois et demi lorsque j'ai fait un abcès du sein, suite je pense à une utilisation mauvaise de mon tire-lait. En effet à la fin du premier mois, je tirais au moins 200 ml d'un coup, et 4 fois par jour seulement. Or la Leche League recommande de tirer le lait de manière plus fréquente 6 à 8 fois et moins longtemps (5 min c'est déjà bien). Une amie me l'avait d'ailleurs recommandé mais il aura fallu que ces engorgements surviennent pour que je change mon utilisation du tire-lait. Pour la petite histoire, à la deuxième semaine post post-partum, j'avais déjà eu des prémices d'engorgement mammaire (état grippal, douleurs aux seins). Alors que mon conjoint était en déplacement pendant une semaine, j'ai présenté durant 72 h une fièvre à 40°C, des seins chauds, rouges, très douloureux, et des vomissements. SOS médecin s'est donc déplacé de nuit, et m'a mis de suite sous antibios (Augmentin 7 jours, puis écho mammaire de contrôle). Jusque là c'est normal. Mais il me demande avec insistance d’arrêter l'allaitement. Je ne présentais pas d'écoulement mammaire. Je lui demande la raison, et il me répond que le lait sera moins qualitatif. Dubitative, je fais mine que je vais l'écouter. De retour le lendemain, mon conjoint perplexe appelle le lactarium de Nantes qui nous rassure et nous dit qu'il n'y a pas de raison d'arrêter l’allaitement, sauf après un abcès incisé chirurgicalement. Je donne donc le lait tiré en gardant une distance entre les prises d'Augmentin (Cf vidal : « les effets de l'acide clavulanique sur le nourrisson allaité ne sont pas connus »). Et voici ce qu'en pense la La Leche League : " D’après les données existantes, si la plupart des médicaments passent dans le lait, leur taux lacté est habituellement très faible, et donc très peu susceptible d’induire un problème chez l’enfant allaitant. Je jette tout de même le lait tiré 1h après la prise de l'antibio pour éviter les diarrhées du nourrisson. Mes réserves de Castor tombent à pic, car entre les prises d'augmentin, je donne le lait maternel conservé au congélateur ! Dans ces moments là, il est important de vous faire confiance et d'être soutenue, par votre conjoint ou un membre de votre famille, une amie. Le mien a été génial tout au long de l'allaitement. C'est avec sa contribution active que je continue d'allaiter Adèle qui a 10 mois aujourd’hui. À ses 3 mois, elle arrivait enfin à téter entièrement au sein, j'ai donc arrêté de tirer mon lait, ce qui était moins fatiguant. Il me reste encore des pots au congélateur, j'en ajoute un parfois aux purées maison. J'ai mis une recette de Flan "au Lait de maman" pour bébé, à la fin de cet article.
Je vais vous partager mes questions que j'ai eu pour l'allaitement :

Le manque de lait : Est ce une réalité ?
Faites confiance à votre instinct et à votre bébé. Je vous donne une référence de la Lechee league :
« Avec les douleurs de mamelons, le manque de lait - réel ou supposé - est sans doute la raison la plus fréquemment invoquée pour arrêter l'allaitement. Pourtant, dans les sociétés traditionnelles, même les femmes qui vivent dans des conditions d'hygiène défectueuses, qui sont mal nourries et souvent malades, qui accomplissent des tâches physiques exténuantes et chez qui on note le plus grand nombre d'enfants de petit poids de naissance, ont presque toujours du lait. Par exemple, dans le travail collectif de l'OMS sur l'allaitement au sein (1), on a trouvé que sur un total de 3 898 mères étudiées au Nigéria et au Zaïre, aucune n'était incapable de secréter du lait" (2). Il semble en fait que mis à part un tout petit nombre de causes purement physiologiques ( hormones hypophysaire...), les raisons sont plutôt à trouver dans un manque d'information sur l'allaitement au sein, un manque de connaissance sur ses mécanismes, un manque de confiance en sa capacité à allaiter et un manque de soutien pour surmonter les difficultés des débuts. Malheureusement, très souvent, dans les cas où le nouveau-né perd trop de poids, ne prend pas assez de poids, on va dire à la mère : "Vous n'avez pas assez de lait, il faut donner des compléments." Compléments qui, en plus de tous leurs effets iatrogènes possibles (confusion sein-tétine entraînant des problèmes de succion et des douleurs de mamelons, risque d'allergie, perturbation de la flore intestinale) vont accentuer l'insuffisance de la lactation. En effet, le bébé, "calé" par les compléments, va moins téter, moins stimuler les seins. Moins de lait va être fabriqué, et l'on rentre dans un cercle vicieux rapidement infernal : le bébé, de plus en plus frustré au sein, va réclamer des compléments de plus en plus importants, ira même jusqu'à refuser le sein. Et voilà comment tant de bébés sont sevrés du sein au bout de dix ou quinze jours, sans que la mère comprenne ce qui s'est passé... De ce qui précède, on peut conclure qu'il est très rare de ne pas pouvoir remédier à une insuffisance de la lactation, même quand la cause en est physiologique. Encore faut-il savoir faire un diagnostic correct, apporter des solutions adaptées qui remettent l'allaitement sur ses rails, et aussi ne pas être aveuglé par le fait que le bébé est allaité au point de ne pas aller chercher plus loin une pathologie possible. On voit encore trop souvent des bébés qui ne prennent pas de poids, ce dont on rend responsable la quantité ou la qualité du lait de la mère, pour s'apercevoir ensuite qu'une infection urinaire en est la cause... » (1)Les modes actuels de l'allaitement maternel, Genève, OMS, 1981.
(2) "L'Alimentation infantile, bases physiologiques", supplément au vol. 67 du Bulletin de l'OMS, 1989

L'aventure de la crèche : Pourquoi nous avons choisi la crèche ?
Pour la découverte de la vie en collectivité, pour favoriser la socialisation et préparer l’entrée à l’école, les activités pédagogiques sont multiples et les auxiliaires travaillent en collaboration. Cela favorise en plus l'immunité par la confrontation aux maladies de l'enfance (Orl, bronchites, gastro...)
La directrice est accueillante et bienveillante. Je regarde le menu avec empressement, je découvre que les repas sont 1 fois sur 5 bio, c'est déjà pas mal, et seraient élaborés dans une cantine locale.
Les limites de l'allaitement en crèche selon moi :
Les parents ayant déjà eu beaucoup de difficultés pour avoir une place en crèche semblent plus stressés à la reprise de leur travail et ont malheureusement souvent choisi d'arrêter l'allaitement.
J'ai réussi à imposer mes choix en fournissant mes couches, la crème de change bio, mon savon en pin au calendula "Lulu and Guite" de chez "les jolis bocaux, Nantes" et mon fameux lait maternisé de brebis Capréa pour la transition. Je sais bien c'est une crèche, c'est pas la nounou.
J'ai été convoquée à ma grande surprise par la pédiatre de la crèche concernant le lait, ça s'est bien passé, j'ai bien argumenté. Car non ce lait n'est pas un lait végétal et correspond bien aux critères nutritifs du nourrisson.
Parfois les crèches s’abritent derrière un arrêté, ce qui rend difficile la poursuite de l’allaitement car celui-ci étant tiré à domicile et non acheté en grande surface, il est impossible de garantir la chaîne du froid. La directrice me proposait de le mettre dans une glacière avec un thermomètre, une vérification de la température du lait serait effectuée lorsque je déposerai mon bébé le matin. Si la température du lait à l'arrivée est trop élevée par rapport à leurs critères, le pot de lait est refusé. On m'a proposé néanmoins de l’allaiter sur place, mais je reprends le travail au CHU et je n'ai pas des horaires qui me permettent de me déplacer entre midi et deux. J'ai donc préféré sevrer ma fille partiellement avant la fin de mon congé parentale autour de ses 6 mois. Aujourd'hui je lui donne la tétée du matin et du soir, mon conjoint la pose sur le lit, habillée et prête à partir à la crèche. Je prends 30 min pour lui donner la tétée, c'est le câlin du matin et ça fait du bien !

Diversification, allaitement et crèche :
Ce qui me pose question : Ce sont les horaires de repas fixes, qui sont en contradiction avec les données biologiques relatives à l’allaitement. Le lait maternel se digère plus vite que le lait industriel, et les enfants nourris au lait maternel ont généralement besoin de repas plus rapprochés, ce qui ne cadre pas avec les dispositions en vigueur dans les crèches. Je l'allaite à 6h30-7h, elle demande souvent un repas vers 10h. Mais la crèche respecte la règle des 4h d'espacement entre 2 repas. Elle a donc son repas vers 11h30. En en reparlant avec les axillaires ça semble aller. Concernant les quantités données à ma fille : J'avais précisé que nous avions débuté la diversification alimentaire vers ses 4 mois. J'ai bien dit Dé-bu-té ! : 30g/jour de purée (et parfois pas). Quelle fut ma surprise d'apprendre que tous les jours elle avait engloutit 160 à 200g de purée alors que face à des selles qui se ramollissaient et des régurgitations acides, je demandais de diminuer les doses. Nous savons que le lait maternel et même celui maternisé (de chèvre ou de jument) est à privilégier jusqu'au 1 an environ (750 ml). Le lait maternel et lait de chèvre contiennent des vitamines, minéraux, acides gras essentiels, prébiotiques etc...Or en crèche, le repas commence par de la purée puis seulement si les bébés ont encore faim, on complète avec le lait maternisé. La France reste, d’après le Pr Voyer, « le pays d’Europe où la diversification de l’alimentation est la plus précoce ».
Ce que je redoutais arriva au bout d'une semaine : Adèle présentait une inflammation des intestins sévère : Vive les diarrhées glaireuses et très liquides ! Pas de fièvre (mais du genre 3 diarrhées dans la nuit, ça commençait à nous inquiéter). Ses fesses si belles depuis la naissance étaient abîmées, rouges et se creusaient.
Un conseil à ce propos : J'adore le liniment mais il accentue les crevasses des fesses, ma généraliste me l'a confirmé. Nous utilisons pour toute la famille un savon en pin au calendula et de l'eau et ça marche du tonnerre. Si les fesses sont trop abîmées, la crème hydratante n'est pas conseillée, il faut une crème-pansement en couche épaisse avec pourquoi pas de la gaze. Je l'ai donc signalé à la crèche.
Bref, les auxiliaires étonnées que je suspecte qu'elle mange trop de purée m'ont alors conté la théorie du virus de Gastro en cours, je réponds à ça : "ok c'était peut être un virus au début mais sachez que ça ne l'améliore pas de lui donner autant de fibres alors que ses intestins se vident littéralement ! (200g de purée j’hallucine encore !). L'inflammation des intestins chez les bébés est souvent provoquée par des quantités de nourriture données trop importantes, sans faire de palier, et par des protéines trop différentes ingérées ensemble. Des grosses et des petites protéines sont présentes entre le lait maternel, le lait maternisé, les fruits, les légumes... Il n'y a donc pas que les gastros qui provoquent ces symptômes mais aussi les irritations intestinales ! Il est important de chouchouter les intestins des bébés car le système immunitaire intestinal est situé à 80% sur notre muqueuse intestinale (plaques de Peyer).
Pour la réhydrater rapidement, j'ai préparé avec le papa un mélange de type soluté hypertonique glucosé : Voir la recette de la bouillie de riz en bas de Page. Malgré leur étonnement, nous avons demandé à la crèche de stopper les fibres. Je lui ai simplement donné le sein matin/soir et du lait maternisé de riz puis chèvre. En 24h c'était déjà beaucoup mieux.

Concrètement il nous reste l’observation de notre enfant et le bon sens : Votre enfant est-il intéressé par la nourriture, tient-il assis dans sa chaise haute ? les dents s’annoncent ? Cela se passe à environ 6 mois. Ma fille Adèle a 7 mois, elle n'a pas encore de dent, elle ne s'assoit pas toute seule mais je l'installe dans une chaise haute adaptée à son age, ou sur les genoux aux repas, et elle s’intéresse à la nourriture. Pour autant je lui fait goûter en petite quantité les légumes et les fruits présents sur la table, et ceux qui l'attirent. ( Elle tend les mains). Elle ouvre spontanément la bouche sans mimétisme. Je lui ai présenté des fraises entières à sucer mais j'avoue avoir eu un peu peur, avec sa force de succion, qu'elle l'avale en entier. Finalement, on dit que les enfants ont une capacité incroyable de déglutition, et qu'ils s'en sortent bien tout seul ! Il existe tout de même "des sucettes filets à aliments" pour retenir les gros bouts. Comme le disait le Pr Dutau (CHU de Toulouse) dans un article de Que Choisir en 1999, « il n’existe aucun argument médical pour donner autre chose que du lait maternel ou en poudre avant l’âge de six mois ». Et ils conseillent d’attendre l’âge de 1 an pour certains aliments : oeufs, poisson, arachide, jus de fruits, fruits exotiques, arômes et additifs divers, farines contenant du gluten... Un certain nombre de stomatologues et d’orthodontistes les rejoignent en dénonçant « la nocivité de l’administration passive d’aliments mixés, moulinés, réduits en bouillie et imposés à la cuillère » (Dr AR Chancholle, Toulouse) qui est la règle quand on veut introduire les solides avant que l’enfant n’y soit prêt . Pour autant je lui propose depuis ses 6 mois 30g de purée à la cuillère.
Même si certains enfants exclusivement allaités peuvent continuer à avoir une croissance satisfaisante bien au-delà d’un an, l’apport calorique réalisé par le lait maternel peut dans certains cas s’avérer insuffisant à partir de 8 ou 9 mois. On estime par ailleurs qu’en moyenne, un bébé né à terme commencera à avoir besoin de fer et de zinc provenant d’autres sources entre 6 et 9 mois. Pour autant, si l’on ne fait pas le forcing, les solides peuvent rester longtemps des « à-côtés » du lait, qui complètent et non remplacent l’allaitement. C’est d’ailleurs ce qu’il est conseillé de faire si l’on souhaite que l’allaitement se poursuive : ne pas vouloir remplacer une tétée par un repas, garder un allaitement à la demande (et dans ce cas, le nombre de tétées, loin de diminuer au fil des mois, peut rester constant tout au long de la première année), proposer d’abord le sein et ensuite les solides . De nombreuses études ont montré que les petits enfants libres de choisir parmi une grande variété d’aliments de bonne qualité, finissent par équilibrer leur alimentation sur la semaine.
Quand la tétée disparaît progressivement, elle doit être remplacée par une mastication qui devient de plus en plus efficace avec les progrès de l'éruption dentaire. "Il faut donc introduire progressivement des aliments en morceaux, car les mouvements masticatoires ne peuvent être déclenchés que par le contact de solides avec la muqueuse buccale ; solides dont le volume, la consistance et les saveurs doivent être aussi variés que possible. En dépend, outre la croissance faciale et la coordination motrice, la qualité du rangement dentaire sur chaque arcade, qui nécessite des pressions aléatoires sur les crêtes gingivales. En dépend aussi la qualité des informations sensorielles qui construisent à cet âge une part importante des connections neurales encéphaliques : le goût et l’odorat, toujours liés, sont les sens majeurs du nourrisson, et seuls des aliments en morceaux, broyés en bouche, peuvent générer des saveurs et des flaveurs suffisantes pour la stimulation cérébrale (à l’étage thalamique, hypothalamique et de la formation réticulée mésencéphalique). Tout ceci démontre la nocivité de l’administration passive d'aliments mixés, moulinés, réduits en bouillie et imposés à la cuillère. Le nourrisson avale immédiatement une bouillie qu'il ne peut ni téter ni mastiquer. Le premier temps de la digestion devient une déglutition rapide, sans autres mouvements faciaux qu'une rétropulsion de la langue. Enfin parfois l'aliment est insipide, car ses saveurs ont été éliminées si le broyage est industriel ( domestique à voir ?). La bouillie donnée à la cuillère pervertit des fonctions primordiales du corps et leur avenir. "
Drs A-R Chancholle et J Saboye, Chirurgie plastique et reconstructive, Unité de traitement des fentes labiales et palatines, 20 avenue Frizac, 31400 Toulouse. »

Chez les enfants des milieux favorisés dont l'allaitement maternel est poursuivi au-delà de l'âge de 1 an, le lait de femme reste une source prépondérante de protéines, représentant 80 % de l'apport à 6 mois, 50 % vers 9 mois, et 20 % à 1 an (...)
La croissance pondérale moins rapide des enfants nourris au sein, qui aboutit à une différence de près de 600 g à 1 an, apparaît donc liée au fait qu'ils stabilisent d'eux-mêmes leur consommation énergétique à un niveau plus faible.
Besoins en protéines des nourrissons et des enfants en bonne santé, Arch Pédiatr 1997 ; 4 : 373-382.
Attendre que l'enfant soit prêt cela représente aussi de sacrées économies. De 1960 à 1997, la consommation des ménages en aliments diététiques et aliments pour bébés est passée de 186 millions de francs à plus de 6 milliards ! En 2000, 345 millions de petits pots ont été vendus en France, ce qui fait du bébé français le plus gros consommateur européen. Mais ce "beau score" ne satisfait pas les industriels qui bien sûr voudraient vendre encore plus. Pour cela, ils inventent de "nouveaux" produits, quitte à réinventer la roue, comme Nestlé avec les P'tit Duo, des petits pots proposant de manière distincte viande et légumes afin de "mieux en apprécier les saveurs" ! Ou ils cherchent de nouveaux clients, notamment les "grands bébés" au-delà de 1 an (car si 90 % des bébés de moins de 6 mois consomment des petits pots, ils ne sont plus, horreur !, que 30 % à le faire après 2 ans...). Comme le dit un porte-parole de Nestlé, "il s'agit d'inciter les mères à prolonger l'alimentation de leur bébé en baby food au-delà d'un certain âge, fixé de manière générale au début de l'apprentissage de la marche". "Bébés : une cible convoitée", Le Figaro économie

Pour réduire la diarrhée d'Adèle et la réhydrater j'ai préparé la bouillie de riz suivante :
Faire cuire 50 à 60 g (poids sec de riz) sans saler l'eau de cuisson dans un litre d'eau. Le riz va donner de l'amidon = du Sucre, retient l'eau par osmolarité. Mixer le riz et ajouter 1/4 à 1/2 cuillère à café de sel de cuisine et si possible une cuillère à café de jus de citron (riche en potassium).
Pour info, les céréales sans gluten sont : Millet, maïs, fonio, pef, riz, sarrasin, quinoa (qui est en fait une légumineuse), petit épeautre (au gluten non allergisant)… etc attention, l’épeautre (ou grand épeautre) contient du gluten ! Les céréales avec gluten sont : Seigle, avoine, blé, orge, kamut… Ne pas les introduire avant 1 an ou plus pour permettre la bonne maturation des intestins de votre bébé...

Une maman m'a demandé pourquoi les bébés griffent et pincent les seins avec leurs doigts pendant la tétée ?! : Je ne suis pas sûre mais je pense que c'est un phénomène naturel à l'image des chatons qui font des reptations sur les mamelons de leur mère ! Les bébés ne sont pas dans la maîtrise de leur corps. Perso j'ai essayé le collier d’allaitement, cela ne marche pas toujours, alors vous pouvez tenter également de lui mettre un foulard coloré dans les mains.
Autrement je lime et coupe bien ses ongles. Certaines de mes connaissances recouvrent la main d'une petite chaussette douce !

Et enfin voici la Recette de flan au lait maternisé ( pour celles qui ne savent plus quoi faire du lait au congélo !) :
Le lait maternel se conserve 6 à 9 mois au congélateur à - 18°c.
Utilisez 1 g d’agar-agar pour gélifier 250 ml de lait maternel. La poudre doit être mélangée au liquide froid. L’ensemble sera ensuite porté à ébullition durant 30 secondes à 1 minute. En refroidissant, la préparation changera progressivement de consistance.
Vous pouvez ajouter au lait de la carotte en jus, pour le parfumer. À noter : cela doit donner un flan onctueux mais pas gélifié. Faire des essais pour trouver la bonne texture avant de le proposer à l’enfant car il faut éviter que cela fasse une pâte que l’on poserait sur sa langue et qu’il avalerait au risque de s’étouffer.
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